Le jugement de Dieu

Première partie

Seconde partie

Homélie du dimanche 24 novembre – solennité du Christ Roi – par le père Hugues Jeanson

Jésus est sur
la Croix. Il meurt, raillé et moqué par les hommes qui l’entourent. Un seul le
comprend, un seul voit juste, un des deux malfaiteurs. Vous avez dans cette scène,
en un tableau, comme un résumé
de l’histoire humaine, comme un résumé
de votre propre histoire. Un flash qui vous montre en un instant ce qui se
passe entre vous et Dieu. Un flash qui vous montre ce qu’on appelle le jugement
divin, le jugement rendu devant le tribunal de Dieu. Vous voyez en scène le
tribunal de Dieu.

Dans l’évangile
de Luc, vous avez la plupart du temps, dès que Jésus rencontre une personne,
une autre personne qui apparait sur la scène. La prostituée chez le pharisien
Simon; la foule qui rumine quand Jésus rencontre Zachée; le fils ainé quand le
Père accueille le fils cadet; le publicain priant derrière le pharisien. Luc
montre le contraste entre deux attitudes. Deux attitudes d’hommes pécheurs. L’une
bonne et l’autre mauvaise.

Ces textes
veulent provoquer chez vous un sursaut, un choix. Je vous propose de le découvrir
en trois étapes :

  1. Le « mauvais » pécheur
  2. Le sauveur
  3. Le « bon » pécheur

Le pécheur

  • Vous avez dans ce texte trois attitudes de mauvais pécheurs : les chefs du peuple, des juifs; les soldats romains, des paiens; et le malfaiteur qui injurie Jésus, vous, moi, n’importe quel quidam souffrant de ses péchés et du péché des autres.
  • La colère :
    • On sent la colère de ces gens; vous avez plein de motifs de colère; la colère devant la souffrance, devant le mal que vous avez commis, devant le mal que vous avez subi, la souffrance devant l’injustice du monde. Nous avons un immense besoin de justice dans nos vies et je pense qu’une des premières causes de la colère qui habite nos coeurs c’est le sentiment d’injustice.
    • Alors, puisque c’est un problème de justice, on va rendre justice soi-meme et on met Dieu en procès : qu’est ce que tu fais ? Tu ne vois pas que je souffre ? Agis !Et on lui en veut à cause de son apparente passivité.
  • La déception
    • Les chefs du peuple sont déçus, Jésus n’est pas le Messie qu’ils attendaient; ils attendaient un Messie qui les valorise dans leur pouvoir; un Messie qui au fond se mettraient à leur service sans qu’eux aient besoin de changer quoique ce soit.
    • Le mauvais malfaiteur est déçu : il attend un Dieu qui le déresponsabilise de ses actes. Parfois on rejette Dieu et les autres parce qu’il nous montrent la malice de nos actes, et comme un enfant pris la main dans le pot de confiture nous ne voulons pas reconnaitre notre responsabilité.
    • Peut etre, comme eux, vous êtes déçu par Dieu : Dieu n’est pas le dieu que vous attendez, il n’agit pas selon vos désirs; peut être attendez vous un Dieu qui d’un coup de baguette magique vous débarrassera de tous vos problèmes et vous etes déçu.

« Sauve toi toi meme » : on appelle Dieu à son service; on arrache le salut par rapt; on veut le salut sans le sauveur; on veut bien ce que donne Jésus, mais on ne veut pas de relation avec Jésus.

Le « Sauveur »

« Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

Immense phrase de Jésus et sa seule parole dans ce texte. Sa seule parole. À apprendre par coeur !

  • « Amen je te le dis » : c’est performatif ! Quand Jésus parle c’est.
  • « aujourd’hui» : comme pour Zachée, c’est aujourd’hui, maintenant, que celui qui sauve veut vous rencontrer, pas demain, pas la semaine prochaine quand vous aurez le temps. Aujourd’hui : laissez vous surprendre par un imprévu. Faites l’exercice.
  • « Avec moi» : voilà le secret. Il n’y a pas de salut sans Jésus ! Il n’y a pas de don sans donateur, sans relation avec celui qui donne. Le salut n’est pas un lot qu’on reçoit par Amazon. A Noel, vous allez recevoir des cadeaux, peut etre, quelle relation allez vous cultiver avec celui qui vous l’offre ? S’il n’y a pas de salut sans Jésus, pour nous, il n’y a pas de salut sans la messe, il n’y a pas de salut sans une relation avec Jésus et avec ses frères et soeurs dans l’Eglise;
  • « Tu seras dans le Paradis » : il y a l’idée d’être planté. C’est solide ! tu l’es maintenant et tu le seras encore davantage et ce jusque dans l’éternité après la mort.

Certains peut etre se disent : c’est tout ? Ça va guérir mon cancer ? Ça va me guérir de la dépression ? Ça va résoudre mon problème d’argent ? Ça va restaurer la relation avec mon ado ? Et si Dieu voulait vous donner quelque chose dont vous n’avez pas idée et qui dépasse tout ce que vous demandez immédiatement ?

Le sauvé

  • « Nous avons ce que nous méritons » : Il fait la vérité sur ses actes : c’est juste, j’ai ce que je mérite ! Je mérite la mort; il reconnait sa responsabilité !

  • « Jésus, souviens toi de moi »: Il entre en relation avec le sauveur ! Ainsi il accueille avec gratitude la misé Il ne réclame pas, il n’exige pas, il accueille.

    • La miséricorde m’ôte mon mérite, la mort; la miséricorde de Dieu enlève ce que je mérite. Si on vous annonçait : « Nous avons annulé toutes vos dettes !» Vous feriez la fête ! Dieu a annulé toutes vos dettes ! Il pardonne tous vos péchés. Si vous êtes condamné à la prison à vie et une personne vient et prend votre place.

    • La grâce vous ne pouvez pas la gagner, la mériter : la grâce répond à votre besoin et pas à ce que vous méritez. Vous êtes là à cause de la grâce divine. La grâce du paradis c’est lorsque Dieu donne ce que je ne mérite pas.

Dans votre relation avec Dieu se joue quelque chose de fondamental : « sauve toi toi-même » dis l’attitude du coeur qui exige; l’homme souffrant en vient à exiger; or Dieu veut donner et il ne peut donner le don qu’à une personne qui accepte ce don comme un don et non comme un dû, ie à recevoir en relation avec celui qui donne, par le don en retour ou par la gratitude; ce n’est pas un caprice narcissique ! C’est la vérité du don.

 

Peut-être ce matin, êtes vous comme attaché à une croix, souffrant quelque soit la cause, maladie, perte de sens, amertume, colère, etc. Cela ne signifie pas pour autant que ce dont vous souffrez est la peine de vos péchés. Mais cela est un crucifiement et donc l’épreuve de la foi : allez vous demeurer dans l’attitude du malfaiteur en colère ou allez vous comme le malfaiteur dire « souviens toi de moi »; que cela soit le début d’une relation nouvelle avec le Sauveur;

Peut être avez vous déjà passé à travers cette épreuve de la foi, peut etre etes vous déjà planté dans le Paradis. cependant, c’est à nouveau l’occasion de vous remettre volontairement dans les mains de Jésus : « souviens toi de moi » 

Se confesser, gratuitement, présenter à Dieu ses péchés, en toute vérité. Suis je sauvé ? Suis je capable de regarder en face le mal que j’ai commis et suis je capable de le dire ?

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