3 attitudes du coeur pour se prosterner devant l’Enfant Roi

Retrouvez l’homélie de ce dimanche 6 janvier 2018 (messe de 10h30), pour l’Epiphanie, par le père Nathanaël.

3 attitudes du coeur pour se prosterner devant l’Enfant Roi

“Où est le roi des juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui”

Le but du grand voyage fait par les mages c’est venir se prosterner devant l’enfant Roi. Le verbe “prosterner” est répété 3 fois dans cet évangile.

Je vois trois attitudes du cœur que les mages ont développées pour arriver à ce but. Si comme les mages, vous voulez vous aussi trouver Dieu dans vos vies et l’adorer, je vous invite à faire vôtres ces trois attitudes que je vais décrire.

  1. Avoir un cœur en recherche
  2. Avoir un cœur humble
  3. Avoir un cœur d’adorateur
  1. Avoir un cœur en recherche

Les mages ont d’abord vu une étoile dans le ciel : c’est cette étoile qui les a mis en mouvement. Au départ il y a la découverte de quelque chose d’inhabituel. Et s’ils ont pu voir cette étoile c’est parce que déjà il y avait en eux un désir : ils étaient ouverts à la nouveauté. Ces mages symbolisent tous ceux qui ont un cœur de désir, un cœur en recherche du sens de la vie, en recherche de ce qui est important, de ce qui est précieux. Ils représentent ceux qui, dans leur vie, ne se sont pas laissés anesthésier le cœur.

Est-ce que mon cœur est en recherche de sens ? Est-ce que, au début de cette nouvelle année, je suis ouvert à la nouveauté ? Est ce que j’ai le désir de trouver Dieu, de le rencontrer davantage, de découvrir un sens plus profond à mon existence, d’entendre un appel qui me conduise plus loin ?

En fait, cette attitude de recherche, d’ouverture, de désir de Dieu est essentielle au chrétien car l’Évangile n’est pas un évènement du passé mais du présent, et notre Dieu est un Dieu vivant qui agit et fait toutes choses nouvelles à chaque instant. Cette ouverture du cœur permet de lutter contre toutes les tentatives de notre culture d’appauvrir le sens de la vie.

Cette ouverture du cœur, cette quête de Dieu empêche de tomber dans la résignation. Cette attitude fait sortir des conformismes ennuyeux et permet à Dieu de nous manifester sa présence et son action

  1. Avoir un cœur humble pour reconnaître Dieu tel qu’il est.

Les mages disent qu’ils sont venus à Jérusalem pour se prosterner devant le roi des Juifs qui vient de naître. En fait, ils sont venus le faire dans le lieu qui convient à un roi : le Palais. C’est le lieu approprié : un Roi doit naître dans un palais, avoir sa cour et ses sujets. C’est le signe du pouvoir, du succès. Mais, comme le dit le pape François, “ce sont les règles mondaines, les petites idoles à qui nous rendons un culte : le culte du pouvoir, de l’apparence et de la supériorité”.

Alors bien que Bethléem ne soit pas loin de Jérusalem, en réalité c’est le chemin le plus long qu’ont dû faire ces mages qui sont venus pourtant de très loin. Ce bout de chemin entre Jérusalem et Bethléem a été en réalité le plus difficile. Ce voyage là demande beaucoup d’audace. Il a fallu accepter pour eux que ce qu’ils cherchaient n’était pas dans le Palais mais se trouvait dans un autre lieu.

Ce Roi qu’ils cherchent n’a pas la puissance de la domination politique et de la richesse, mais il a l’impuissance de Celui qui veut être aimé. Ce Roi n’humilie pas, ne rend pas esclave, n’emprisonne pas, mais il relève, pardonne, guérit. Ce Roi ne se fait pas servir mais il sert. Il faut un cœur humble pour découvrir et accepter que Dieu ait voulu naître là où on ne l’attendait pas, où on ne le voulait pas. Accepter que Dieu ne soit pas du côté des puissants et de ceux qui se justifient eux-mêmes, mais qu’il soit du côté des faibles, des pauvres, des exclus, de ceux qui sont blessés, fatigués, maltraités et abandonnés.

Avoir un cœur humble pour reconnaître et accueillir Dieu tel qu’il est et non pas tel que je voudrais qu’il soit.

Hérode n’a pas pu reconnaître ce Roi parce que, dans son orgueil, il n’a pas voulu changer son regard. Il n’a pas voulu cesser de rendre un culte à lui-même. Il n’a pas pu adorer ce Roi là parce que son but était que tout tourne autour de lui.

  1. Avoir un cœur d’adorateur.

Les mages se sont prosternés devant cet enfant. L’attitude du corps reflète la foi que l’on a. Par leur attitude les mages ont manifesté qu’ils reconnaissaient cet enfant comme le vrai Roi.

Ils ont apporté de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Ce ne sont certainement pas des dons qui répondent aux premières nécessités d’un bébé. A ce moment-là, la sainte Famille aurait certainement eu davantage besoin de quelque chose d’autre. Mais ces dons ont une profonde signification : ils représentent la reconnaissance d’une personne comme Dieu et Roi. Ils sont donc un acte de soumission. En faisant cela les mages veulent dire qu’à partir de ce moment ils appartiennent à ce Roi et reconnaissent son autorité.

Nous prosterner, adorer, celui qui aujourd’hui se donne à nous dans cette eucharistie. L’hostie consacrée à la messe c’est la présence réelle de Jésus. Devant l’eucharistie le croyant est appelé à se mettre à genou s’il le peut car l’attitude du corps reflète la foi. Se prosterner devant ce Dieu qui se cache et se livre dans ce qui est le plus faible et le plus déroutant, un bébé, un morceau de pain.

En ayant un cœur d’adorateur, qui se prosterne devant Jésus, je fais cette acte de soumission, de remise de toute à ma vie à Celui qui vient me sauver. En m’agenouillant devant lui, en lui offrant ce que je suis, je lui signifie que je veux lui appartenir et qu’il a le droit de conduire ma vie. Celui qui a un cœur d’adorateur c’est celui qui a découvert l’amour infini de ce Dieu qui s’abaisse jusqu’à lui, c’est celui qui fait confiance à ce Dieu qui ne peut que vouloir son bien puisqu’il a tout donné pour lui.

 

3 moyens concrets pour vivre ces 3 attitudes :

  1. Cœur en recherche : En ce début d’année, décider d’accueillir justement cette année comme une nouvelle année, croire que Dieu va se manifester d’une manière nouvelle à vous et décider de chercher et d’ouvrir votre cœur à cette nouveauté.
  2. Cœur humble : Accepter de remettre en cause vos certitudes, votre regard sur telle ou telle personne de votre famille, de votre entourage, de la paroisse, votre opinion sur la société, l’église, la paroisse,…
  3. Cœur d’adorateur : choisir ou re-choisir de prendre régulièrement un temps d’adoration de Jésus présent dans l’eucharistie, pour lui offrir vos vies, accepter de lui donner les rennes. On a la chance d’avoir une chapelle où le saint sacrement est exposé 24/24, ne passez pas à côté de ce beau cadeau.