Être pauvre pour aimer

Homélie du père François Labadens pour le dimanche 31 janvier 2016 (10h30)

Introduction

La semaine dernière, le père Hugues a parlé de la pauvreté. Je vais continuer dans cette direction en m’appuyant sur les textes du jour. Voici l’idée générale : Nous sommes faits pour aimer et être aimés, ce sont les deux choses qui nous rendent heureux. Les textes du jour abordent justement la question d’être aimé et d’aimer. Le point de ressemblance entre les deux est dans l’esprit de pauvreté qui doit régner dans nos cœurs.

L’esprit de pauvreté s’oppose à l’esprit de maîtrise. Nos habitude de maîtriser les choses, notre environnement, nos proches, etc… nous empêche d’aimer réellement. Pour aimer, être aimés, et finalement être heureux, Jésus nous appelle à une pauvreté particulière, celle de ne pas pouvoir : il s’agit de refuser le règne de la maîtrise dans notre vie.

Être aimé comme un pauvre (Lc 4)

Apprendre à laisser l’autre m’aimer sans rien en attendre comme profit.

La maîtrise comme barrière à recevoir l’amour

Les Nazaréens veulent recevoir des miracles comme un dû. Ils y ont le droit, puisque Jésus a fait pareil pour les autres ! Ils refusent de se laisser aimer par Dieu car ils veulent un résultat pour eux.

Solution : l’amitié

Jésus est un ami avant d’être un dispensateur de bien. Question de la dé-maîtrise : Jésus n’est pas d’abord là pour répondre à mes besoins immédiats. Appauvrissement de ma personne et de ma relation avec lui : je veux laisser tout simplement Dieu m’aimer !

Pareil dans un couple : laisser l’autre m’aimer gratuitement sans le forcer. « Qui offrirait toutes les richesses de sa maison pour acheter l’amour, ne recueillerait que mépris » (Cant 8,7)

Conséquence : le témoignage !

Un époux ne témoigne pas d’abord de ce que sa femme a fait pour lui. Il témoigne de ce qu’elle est pour lui.

En témoignant de ce que Dieu a fait pour moi, je témoigne de qui il est !

Aimer comme un pauvre (1Co 12)

Aimer l’autre sans d’abord vouloir faire des choses pour lui. Simplement l’aimer.

Accepter de s’appauvrir : aimer n’est pas d’abord faire des choses (§1)

« Si je donnais mon corps aux flammes… sans amour cela ne sert à rien ». Mon action n’est que la résultante de mon amour. Tout ce que je fais sans amour ne sert à rien !

L’amour modèle et transforme ma vie (§2)

L’amour me pousse vers l’autre, à m’adapter à l’autre à désirer le bien de l’autre. Donc il me donne le désir de changer des choses dans ma vie pour mieux aimer un ami, mon conjoint ou Dieu… !

Finalement il m’oblige à m’appauvrir pour me donner à l’autre ou l’Autre.

Accepter de changer de rythme de vie

Sortir de l’action immédiate pour entrer dans l’action par amour.

Exemple du militantisme chrétien : je fais des choses pour Dieu. Mais par amour, je suis plutôt appelé à passer du temps avec lui, pour ensuite faire avec lui. J’en ferai moins, mais Dieu agira plus ! Là encore, grand appauvrissement, mais meilleure participation au projet de Dieu pour moi.

Conclusion

Petit exercice

  • Voir un petit point à changer dans ma vie pour mieux aimer (cf 1Co 12 §2)
  • Passer un temps de prière (au moins 15’) sans rien demander à Dieu.