Jésus seul est le Bon Pasteur

Homélie et témoignage du père Nathanaël, pour le 4ème dimanche de Pâques (journée de prière pour les vocations).

“Jésus seul est le Bon Pasteur”

 

est ce que vous êtes contents d’avoir des prêtres ?…

qui va le faire demain ?

est ce que vous êtes prêts à ce que le Seigneur appelle un de vos fils ? joie ou tuile ? // idem autoroutes

jeunes hommes parmi vous : êtes vous prêts à dire oui si Jésus vous appelle ?

Dimanche du bon pasteur. Journée mondiale de prière pour les vocations.

A partir de l’évangile, je voudrais approfondir avec vous comment Jésus est le bon pasteur et ce que ça dit du rôle des pasteurs dans l’Eglise.

 

1) Le bon pasteur enseigne, conduit et sanctifie

Jésus se présente dans l’évangile comme un berger, comme le bon pasteur. Ce bon pasteur fait 3 choses principales :

* il enseigne. Jésus dit : “mes brebis écoutent ma voix”. Si elles écoutent c’est parce qu’il leur parle, il les enseigne. On voit bien cela dans l’évangile, Jésus passe son temps à annoncer la Bonne Nouvelle, à prêcher, enseigner. En ce sens Jésus est prophète : Il transmet la Parole de Dieu. Et il est même le super prophète car il est lui-même la Parole de Dieu faite chair.

* il conduit le troupeau. Jésus dit : “moi je connais mes brebis et elles me suivent”. Si les brebis suivent c’est parce qu’il est devant et qu’il les conduit, il les mène vers un but. Il veut les faire bouger, les faire grandir, les faire sortir de l’enclot, les mener dans les hauteurs, vers les prairies, vers les sources pour qu’elles s’abreuvent et se nourrissent de bonnes choses. Le bon pasteur sait ce qui est bon pour ses brebis car il les connaît. Il sait où les mener. Elles lui font confiance car il les connaît, il les aime. Alors elles le suivent. En ce sens Jésus est Roi : il conduit et dirige son peuple, il marche à sa tête. Il est même le super Roi car il règne en servant, en aimant.

* il sanctifie : Jésus dit : “je leur donne la vie éternelle”. Jésus donne la vie éternelle à ses brebis, c’est à dire : il les sauve du péché et de la mort, il leur donne la vie éternelle, la vie avec Dieu, la sainteté. Jésus donne la vie éternelle, Jésus sanctifie, parce qu’il se donne lui-même. Un peu avant dans l’évangile de Jean, Jésus a dit : “Je suis le bon pasteur ; le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis”. Jésus a donné sa vie pour ses brebis, pour qu’elles soient sauvées : il est mort pour qu’elles puissent vivre. En ce sens Jésus est prêtre : il a offert un sacrifice pour le salut et la sanctification du peuple. Il est même le super prêtre car il s’est offert lui-même. Il a donné sa vie pour qu’elles aient la vie éternelle.

 

Le bon pasteur fait donc 3 choses : il enseigne, il gouverne, il sanctifie.

C’est Jésus le bon pasteur, le vrai pasteur, le seul pasteur, mais il a voulu que son rôle, sa charge se poursuive dans l’Eglise à travers les hommes qu’il choisit pour cela. Dimanche dernier, on a entendu dans l’évangile ce passage où Jésus après sa résurrection et avant de rejoindre le Père dans la gloire a confié son troupeau à Pierre. Après que Pierre ait répondu trois fois “Je t’aime” à Jésus, Jésus lui a dit trois fois : “sois le pasteur de mes brebis”. Jésus lui-même a voulu que des hommes qu’il avait choisi continuent à enseigner, guider et sanctifier son troupeau. Voilà la raison d’être de ce qu’on appelle le ministère ordonné dans l’église, le ministère des évêques et des prêtres : les évêques qui sont les successeurs des apôtres que Jésus a choisi, avec à leur tête le pape, l’évêque de Rome, qui est le successeur de Pierre ; et aussi les prêtres qui sont les collaborateurs des évêques dans cette triple charge que les évêques reçoivent : enseigner, gouverner et sanctifier. Voilà la mission des pasteurs dans l’église, à la suite du Bon Pasteur. Mais il faut bien comprendre que c’est Jésus le seul Pasteur et que c’est lui qui continue à enseigner, conduire et sanctifier ses brebis à travers les ministres, les pasteurs de l’Eglise. C’est ce que l’on dit à Dieu dans la préface de la prière eucharistique chaque fois que l’on célèbre la fête d’un apôtre : “Tu n’abandonnes pas ton troupeau, Pasteur éternel, mais tu le gardes par les Apôtres sous ta constante protection ; Tu le diriges encore par ces mêmes pasteurs qui le conduisent aujourd’hui au nom de ton Fils”.

 

2) Le bon pasteur c’est lui ! le vrai pasteur c’est lui !

Attention à ne pas mettre le pape, les évêques ou les prêtres sur un piédestal, en faire des surhommes ou des demi-dieux, à les idéaliser comme s’ils étaient la réincarnation de Jésus, les représentants de Dieu sur terre. Non il n’y a qu’un seul Pasteur, c’est Jésus. Les pasteurs de l’Eglise ne sont que les instruments, les pauvres instruments qu’il s’est choisi pour continuer à enseigner, guider et sanctifier l’Eglise à travers eux, en agissant par eux, en eux, malgré et avec toutes leurs limites humaines et leurs pauvretés. Attention lorsque vous vous attachez à tel prêtre plutôt qu’à tel autre, lorsque vous canonisez tel prêtre avant l’heure…, attention à ne pas starifier tel ou tel évêque ou prêtre, le regarder comme un modèle, une star, voir une idole. Celui qu’il faut regarder c’est Jésus, celui qui est saint c’est Jésus, celui qu’il faut imiter c’est Jésus, celui qui mérite notre louange, notre adoration c’est Jésus ! Le vrai pasteur c’est Jésus. Tous ceux qui ont idéalisé un pasteur de l’Eglise ont été bien déçu le jour où ils se sont rendus compte que ce pasteur n’était qu’un homme, faillible comme les autres, pécheur comme les autres… Pire encore certains prêtres devenus des stars, des idoles, voir des gourous se sont révélés être des criminels et là les dégâts sont très grands. Le cléricalisme est le fait de certains prêtres qui se prennent pour ce qu’ils ne sont pas, jouent un rôle qui les met au dessus du peuple alors qu’ils sont là pour servir. Mais le cléricalisme est aussi le fait de certains laïcs qui mettent les prêtres sur un piédestal et les considèrent pour ce qu’ils ne sont pas. Les évêques et les prêtres ne sont que des instruments de l’agir de Dieu, pauvres pécheurs pardonnés comme chacun de vous. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de saints pasteurs, comme il y a de saints laïcs, mais s’ils le sont c’est parce qu’ils se sont abaissés pour laisser toute la place en eux à Celui qui est le seul Saint, le Bon Berger. Comme le disait saint Jean-Baptiste, “il faut que lui grandisse et que moi je diminue”.

 

3) C’est son troupeau à lui, ce sont ses brebis.

“Nul ne peut les arracher de ma main, dit Jésus. Nul ne peut les arracher de la main du Père”. Aucun pasteur de l’Eglise ne peut s’approprier le troupeau de Dieu, en faire sa propriété personnelle, mettre la main dessus. Tous, nous sommes les brebis de Jésus ! Nous n’appartenons pas à tel ou tel, nous appartenons au Christ, le vrai berger. Cela veut dire pour vous que quelque soit vos épreuves, quelques soient vos déceptions, vos blessures, peut-être par rapport à l’Eglise ou ses pasteurs, Jésus vous redit que vous êtes à lui et que personne ne peut vous arracher de sa main. Vous êtes dans sa main, ça veut dire qu’il prend soin de vous, qu’il vous protège, qu’il est votre sécurité, votre refuge. En ce sens, quoiqu’il se passe dans vos vies, vous pouvez être dans la gratitude, remercier Dieu en toutes circonstances car vous êtes assurés que quoiqu’il arrive vous appartenez au Père, vous êtes dans sa main et personne ne peut vous y arracher. Il est votre bon berger : il vous enseigne, vous conduit et vous donne la vie éternelle.

Les gars, que vous soyez enfants, ado ou jeunes adultes, si vous entendez au fond de votre coeur la voix de Jésus qui vous dit “suis-moi”, n’ayez pas peur de lui ouvrir la porte … n’ayez pas peur de vous poser au moins cette question : “pourquoi pas moi ?”.  Osez venir en parler à l’un de nous… On peut vous aider à avancer, à y voir clair… N’ayez pas peur du Christ, Il n’enlève rien, donne tout.

Jésus veut votre bonheur. S’il vous appelle ce n’est pas pour vous rendre malheureux, pour vous piéger. Laisser Jésus enseigner, conduire et sanctifier à travers nous ça rend heureux. C’est vrai il y a des sacrifices, des renoncements… Choisir de se donner tout entier dans le célibat, renoncer au mariage c’est un vrai sacrifice, une vraie croix… Mais il n’y a pas d’amour sans sacrifice… Dans le mariage aussi il y a des sacrifices et des renoncements. Mais le sacrifice n’empêche pas la joie car la joie c’est de se donner !

Exercice concret puisque Jésus nous demande de prier pour les vocations : “la moisson est abondante…” Je propose à chacun de vous de prier chaque jour un “Je vous salue Marie” pour que le Seigneur appelle dans notre paroisse des jeunes hommes à devenir prêtre.