L’eucharistie, sacrement de l’Amour.

Retrouvez l’homélie de la Cène (jeudi 18 avril 2019), par le père Nathanaël.

L’eucharistie, sacrement de l’Amour.

Chers frères et sœurs,

Alors que nous entrons dans le triduum pascal, dans ces 3 jours saints où nous célébrons la mort et la résurrection de Jésus, permettez-moi de vous poser cette question : « Qu’attendez-vous de cette fête ? Que désirez-vous recevoir de Dieu ? » Je vous pose cette question parce que chaque année nous recommençons les mêmes rites et un danger peut nous guetter : celui de vivre les choses par habitude et de passer alors à côté de la puissance de renouveau que contient cette fête. Oui chaque année nous recommençons, chaque année nous refaisons les mêmes célébrations, nous célébrons la même liturgie… Pourquoi ? Quel sens y a-t-il à recommencer toujours la même chose ?

« Faites cela en mémoire de moi », dit Jésus à ses disciples au moment où il leur donne le pain devenu son corps livré pour eux et la coupe devenue nouvelle alliance en son sang, comme le rapporte saint Paul dans la deuxième lecture. Faire mémoire… Faire mémoire ce soir du dernier repas que Jésus prend avec ses disciples « la nuit où il était livré », comme le souligne saint Paul. Faire mémoire… Faire mémoire comme les juifs qui chaque année célèbrent la Pâque en mémorial, comme l’a demandé Dieu à Moïse dans le livre de l’exode qu’on a entendu en première lecture. « Ce jour là, dit Dieu, sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous le fêterez ». Par obéissance à ce commandement divin, chaque année les juifs célèbrent la Pâque : ils font mémoire de cette nuit où ils ont été libérés de l’esclavage de l’Egypte. Chaque famille immole un agneau et en mange la chair pour faire mémoire de ces agneaux égorgés cette nuit là ; ces agneaux dont les hébreux ont répandu le sang sur leurs maisons pour qu’ils soient préservés du fléau qui s’abattait cette nuit là sur l’Egypte : la mort de tous les premiers nés de l’homme et du bétail. Le Seigneur a vu le sang de l’agneau sur les maisons, et ce sang de l’agneau immolé les a protégés de la mort. Les juifs mangent aussi des pains sans levain en cette fête pour faire mémoire qu’ils sont partis à la hâte cette nuit là, en emportant la pâte qui n’a pas eu le temps de lever. Et un peu plus loin dans le livre de l’Exode, Dieu donne une autre consigne pour ce mémorial (malheureusement la première lecture de ce jour s’arrête avant mais je vais vous la lire) : « Quand vous serez entrés dans la terre que le Seigneur vous donnera comme il vous l’a dit, vous observerez ce rite, dit Dieu. Et quand vos fils vous demanderont : « Que signifie pour vous ce rite ? vous leur direz : « C’est le sacrifice de la Pâque pour le Seigneur qui a passé au-delà des maisons des Israélites en Egypte, lorsqu’il frappait l’Egypte, mais épargnait nos maisons » (Ex 12,26-27). La Pâque des juifs, le repas avec l’agneau et le pain sans levain est donc un sacrifice offert en mémorial, pour faire mémoire de génération en génération de ce que Dieu a fait dans le passé, quand il a libéré son peuple de l’esclavage. Mais ce n’est pas tout. Un peu plus loin Dieu dit encore ceci : « Ce jour là, tu parleras ainsi à ton fils : <C’est à cause de ce que le Seigneur a fait pour moi lors de ma sortie d’Egypte>. » (Ex 13,8) Vous avez remarqué la nouveauté ? Il ne s’agit pas seulement de célébrer ce sacrifice en mémoire de ce que Dieu a fait dans le passé. En faisant ce rite, les juifs célèbrent en fait ce que Dieu a fait pour eux qui sont là maintenant et pas seulement pour leurs ancêtres : « c’est à cause de ce que le Seigneur a fait pour moi lors de ma sortie d’Egypte » Celui qui est esclave en Egypte, symbole du péché, ce n’est pas l’Israélite du passé mais c’est moi. Et c’est moi que le Seigneur libère aujourd’hui, en me faisant sortir de mon péché. Voyez-vous frères et sœurs, l’enjeu pour les juifs en célébrant d’année en année la même fête de la Pâque, en célébrant ce sacrifice en mémorial, c’est que cette libération soit actualisée aujourd’hui dans leur vie. En faisant mémoire de ce que Dieu a fait, ils revivent par le sacrifice cette libération comme si c’était eux que Dieu avait libéré d’Egypte.

Et bien, nous aussi, frères et sœurs, chaque année nous recommençons, chaque année nous refaisons les mêmes célébrations. Le but c’est que ce mystère que nous célébrons soit actualisé aujourd’hui dans notre vie. Oui le Christ a tout accompli une fois pour toute en donnant sa vie pour nous : du côté de Dieu nous sommes sauvés ! Mais il faut encore que de générations en générations, chaque homme et chaque femme accueille dans sa vie ce salut. Si nous faisons mémoire chaque année de la mort et de la résurrection de Jésus, de ce mystère pascal qui nous sauve, c’est pour que nous accueillons dans notre aujourd’hui ce salut. Car ce n’est pas seulement pour ses disciples il y a 2000 ans que Jésus a donné sa vie mais c’est pour moi aujourd’hui. Nous refaisons toujours la même chose et pourtant c’est toujours nouveau. Cette nouveauté c’est celle de l’actualisation dans nos vies de ce que nous célébrons. Et en réalité frères et sœurs, cela ne vaut pas seulement pour ces fêtes de la semaine sainte, mais cela vaut pour chaque dimanche et même pour chaque jour. Car notre Pâque à nous, notre mémorial à nous, nous ne le célébrons pas seulement une fois par an, mais nous le célébrons chaque dimanche et même chaque jour ! Notre sacrifice offert en mémorial ce n’est plus la Pâque juive mais c’est la Pâque de Jésus, c’est l’eucharistie que Jésus institue ce soir en disant : « prenez et mangez ceci est mon corps livré pour vous. Prenez et buvez ceci est mon sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Faites cela en mémoire de moi ». Jésus est le véritable agneau immolé dont on mange la chair et dont le sang versé nous libère de la mort qu’a entraînée le péché. La messe, frères et sœurs, l’eucharistie, c’est le sacrifice que nous offrons chaque dimanche, chaque jour, en mémorial, afin que le salut s’accomplisse dans nos vies, afin que chaque jour nous accueillions un peu plus l’amour du Seigneur qui nous donne sa vie pour que nous soyons de plus en plus libres. Il y a une belle prière sur les offrandes dans la liturgie de la messe qui le dit très bien : « Chaque fois que nous célébrons ce sacrifice en mémorial, c’est l’œuvre de notre rédemption qui s’accomplit ».

Frères et sœurs, parce que chaque année nous refaisons le même triduum, parce que chaque dimanche nous célébrons la même messe, il y a un danger de vivre les choses par habitude et de passer alors à côté de la puissance de renouveau qu’elle apporte : la rédemption, le salut ! Alors, comme je vous le demandais au début de cette homélie, « qu’attendez-vous de cette fête ? Que désirez-vous recevoir de Dieu ? » Dieu veut vous sauver en ces jours par ces mystères que nous célébrons.

Alors frères et sœurs, comment laisser cette œuvre de Rédemption qu’est l’eucharistie de ce soir s’accomplir en vous ? Et bien d’abord en vous laissant aimer par Jésus tel que vous êtes ce soir. Les évangiles de Marc, Matthieu, et Luc relatent cette institution de l’eucharistie par Jésus lors de son dernier repas. Mais Jean, lui, dans son évangile, n’en parle pas. A la place, il rapporte ce geste magnifique du lavement des pieds dont on vient d’entendre le récit. En fait, cela donne le sens profond de l’eucharistie qui est le don d’amour du Christ pour nous, un amour qui s’abaisse au point de se faire esclave. Vous avez entendu cette introduction magnifique : « Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout ». Jésus est allé jusqu’au bout de l’amour. Lui qui est Dieu, éternel, tout puissant, le Maître et le Seigneur, non seulement il s’est fait homme mais il s’est abaissé jusqu’à se faire notre esclave. Jésus est allé jusqu’à l’extrême pour vous dire qu’il vous aime. Dans quelques instants, nous allons refaire ce geste que Jésus a accompli. J’aimerais pouvoir laver les pieds de chacun de vous pour que chacun de vous vous puissiez réaliser que Dieu se met à genou devant vous, qu’il se fait votre serviteur, lui le Maître, pour que vous acceptiez d’être lavé de votre péché, d’être aimé par lui. Ce n’est évidemment pas possible techniquement de vous faire vivre à tous cette démarche mais croyez frères et sœurs que c’est auprès de chacun de vous que le Seigneur s’abaisse. L’eucharistie est le sacrement de l’amour : Jésus se donne, Jésus se livre, Jésus s’offre à vous ! Laissez-vous aimer !

Mais frères et sœurs ce n’est pas tout. A quel signe pouvons-nous reconnaître que nous sommes sauvés, que nous avons accueilli cette libération que Dieu nous offre, que nous avons laissé l’œuvre de la rédemption qu’est l’eucharistie, notre Pâque, s’accomplir en nous ? Et bien c’est à l’amour que nous aurons les uns pour les autres ! Le but de l’eucharistie c’est de faire de nous le corps du Christ et ce qui fait vivre ce corps, comme l’a bien compris sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, c’est la charité, c’est l’amour ! « La Charité me donna la clef de ma vocation, écrit-elle. Je compris que si l’Eglise avait un corps, composé de différents membres, le plus nécessaire, le plus noble de tous ne lui manquait pas, je compris que l’Eglise avait un Cœur, et que ce Cœur était BRÛLANT d’AMOUR. Je compris que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Eglise, que si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Evangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang. Je compris que l’AMOUR RENFERMAIT TOUTES LES VOCATIONS, QUE L’AMOUR ÉTAIT TOUT, QU’IL EMBRASSAIT TOUS LES TEMPS ET TOUS LES LIEUX… EN UN MOT, QU’IL EST ÉTERNEL !…  « . Oui frères et sœurs, si Jésus nous a aimés jusqu’au bout, c’est pour qu’à notre tour nous nous aimions les uns les autres. C’est ce qu’il demande à ses disciples après leur avoir lavé les pieds. « Vous m’appelez « Maître » et « Seigneur », et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous ». Et quelques versets plus loin il dit encore à ses disciples :  » Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »(Jn 13,34-35) Frères et sœurs, l’eucharistie est le sacrement de l’amour entre nous ! Le cadeau de Dieu à recevoir ici et maintenant, le Témoignage véritable que nous avons à donner en ce monde, c’est celui de l’amour entre nous. Alors je vous propose que nous demandions maintenant au Seigneur que s’accomplisse vraiment en nous le salut que cette eucharistie signifie. Je vous propose de demander au Seigneur qu’il mette en chacun de vous l’amour qui jaillit de son Cœur. Que ceux qui sont mariés aime leur conjoint comme le Christ les aime ! Que les parents aiment leurs enfants comme le Christ les aime. Que les enfants aiment leurs frères et sœurs et leurs  parents comme le Christ les aime. Que les personnes célibataires, veuves ou séparés aiment leurs amis, leurs familles, leurs voisins, leurs collègues comme le Christ les aime. Que les personnes consacrées aiment leurs frères et soeurs en humanité comme le Christ les aime. Que les prêtres aiment le troupeau qui leur est confié comme le Christ l’aime.

Je vous propose que l’on demande maintenant cela les uns pour les autres. Je vous invite à vous lever…  et si vous le voulez, à poser la main sur l’épaule de votre voisin de droite… Vous pouvez fermer les yeux si vous voulez, ouvrir votre autre main en signe d’accueil de ce que Dieu donne…. Nous allons prendre un refrain que l’on va répéter plusieurs fois pour demander au Seigneur que Son amour descende en chacun de nos cœurs et que vraiment nos relations soient transformées : « Cœur de Jésus brûlant d’amour embrase nous par ton Esprit, que nos cœurs soient semblables au tien, que nous brûlions de charité ».

 

 

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