Le 25 mai 2026, le pape Léon XIV
a publié l’encyclique
«Magnifica humanitas» – «La magnifique humanité».
Un an après son élection, le 8 mai 2025, la première encyclique du pape Léon XIV aborde un des principaux défis de notre époque : l’intelligence artificielle.
« La magnifique humanité créée par Dieu se trouve aujourd’hui face à un choix décisif : ériger une nouvelle tour de Babel ou bâtir la cité où Dieu et l’humanité habitent ensemble. Chaque génération reçoit en héritage la tâche de façonner son époque : faire mûrir l’histoire comme un lieu où la dignité de toute personne est préservée, la justice promue et la fraternité rendue possible. Mais sur chaque époque pèse le risque de construire un monde inhumain et plus injuste. …».
« Ces dernières années, il est apparu de plus en plus évident combien la numérisation, l’intelligence artificielle (IA) et la robotique sont en train de transformer rapidement et profondément notre monde….»
Extrait de l’introduction de l’encyclique
Les thèmes abordés dans l’encyclique
Une pensée dynamique fidèle à l’Évangile. L’évolution de la Doctrine sociale de l’Église dans le magistère récent et au Concile Vatican II, met en lumière «son caractère dynamique». L’intelligence artificielle doit être comprise non pas comme un thème annexe ni comme une urgence à gérer, mais comme une transformation qui interpelle de l’intérieur les catégories de la Doctrine sociale et en réclame un développement supplémentaire dans la fidélité à l’Évangile.
Les fondements et principes de la Doctrine sociale aident à lire les « questions nouvelles » de notre temps, à la lumière de la dignité fondamentale de la personne humaine.
Technique et maîtrise. La grandeur de la personne humaine face aux promesses de l’IA. Nous sommes appelés à nous interroger sur le grand chantier de notre époque : que sommes-nous en train de construire?
Préserver l’humain dans la transformation. Vérité, travail, liberté. La transformation numérique nous invite à redécouvrir la vérité comme bien commun, à protéger la dignité du travail et à préserver la liberté contre toute dépendance et toute marchandisation.
La culture du pouvoir et la civilisation de l’amour. La promotion du bien commun ne peut jamais être dissociée du respect du droit des peuples à exister, à préserver leur identité et à apporter leur originalité à la famille des nations. … Toute tentative ou tout projet visant à éliminer ou à soumettre une nation est gravement immoral et donc inacceptable.
Les principaux textes pontificaux
L’encyclique est une lettre solennelle adressée par le pape à l’ensemble de l’Église ou des évêques, d’une région ou du monde. Elle expose de manière claire la position de l’Église catholique sur un thème particulier.
Le motu proprio est l’équivalent d’un décret. Il est émis par le pape de sa propre initiative. Il peut être adressé à l’ensemble de l’Eglise ou à un groupe spécifique au sein de l’Église.
L’exortation apostolique est une recommandation adressée par le pape aux fidèles. Proche de l’encyclique, elle incite à s’engager pour prendre une voie particulière. Ex : Amoris Laetia qui « exhorte « à vivre « l’amour dans la famille».
La lettre apostolique est un document dans lequel le Pape s’adresse soit à un responsable de l’Eglise, soit à une catégorie de fidèles. Ex : la lettre adressée à la Conférence des évêques de France, à l’occasion du centenaire de la canonisation de trois grands saints français.
« Avec la même foi que Marie, devenons des tisseurs d’espérance dans notre monde, en partageant ce que nous sommes et ce que nous avons, afin que la présence de Jésus grandisse au milieu de nous et que son Royaume prenne forme. Dans l’humble fidélité de chaque jour, l’ère de l’IA peut elle aussi devenir un passage par lequel l’Esprit fait mûrir la civilisation de l’amour dans notre vie. Le Seigneur continue de faire toutes choses nouvelles et maintient ouverte, pour chaque époque, la possibilité de devenir une histoire de salut à la lumière de l’Incarnation. Je confie ce désir à la Mère du Christ, la femme du Magnificat, pour qu’elle accompagne nos pas dans ce présent en mutation et garde en chacun de nous la confiance en l’Évangile, afin que nous puissions témoigner de la beauté d’une magnifique humanité habitée par Dieu. »
Extrait de la conclusion de l’encyclique